L’art de propulser son entreprise à l’international

L’art de propulser son entreprise à l’international

Philippe Eyraud


INDUSTRIE


Le poste
Philippe Eyraud, Pdg de Mixel ne se destinait pas à l’international: « J’ai une formation très technique : DUT en génie mécanique puis l’INSA. A l’époque on était concentrés sur la technique. Le monde n’existait pas. Ce n’est que quand je suis rentré à l’EM Lyon (au CESMA exactement) que j’ai commencé à m’ouvrir à l’ensemble des problématiques rencontrées par un chef d’entreprise qui veut aborder l’international. A l’époque, on n’avait pas de connaissances fines sur un pays étranger, pas de notion d’export. Alors j’ai choisi de me mettre en danger en partant à l’étranger. J’ai pu faire un VIE (à l’époque, ce fut un VSNA) à Singapour, pour découvrir d’autres façons de travailler en dehors de la France. Puis, je suis rentré en France parce qu’on m’avait proposé de développer l’export dans une petite entreprise spécialisée dans les agitateurs industriels, MIXEL. Ce ne fut pas facile au début car j’étais le seul dans cette petite entreprise à avoir la capacité d’aller ouvrir des marchés à l’étranger. Mais j’avais des ambitions. J’ai cultivé les relations avec nos  banquiers jusqu’à ce que je puisse racheter les parts des différents associés et créer une holding, en 1990. Puis j’ai construit l’usine de Mixel à Dardillyen 1996».

Les missions
L’international ne supporte pas la médiocrité dans la gestion des dossiers. Il faut avoir un programme bien défini. Pour ma part, ayant commencé par «chasser» en Inde, en Chine, au Japon, je savais où les entreprises de la chimie délocalisaient. En 1999 j’ai commencé à prendre des commandes en Chine. J’ai profité de ces premières commandes dans la chimie pour développer le marché de l’environnement, le traitement de l’eau sur ce pays. Puis en 2005 j’y ai installé une usine pour localiser la production pour l’Asie.

Il est essentiel d’avoir une vision sur son marché et son évolution sur 4, 5 ou 10 ans. C’est pourquoi, le Chef d’entreprise doit se déplacer lui-même pour appréhender les nouveaux marchés à l’export.


Attraits et exigences
Rien de plus utile pour travailler un marché que de parcourir les salons de l’international où l’on rencontre tous les partenaires commerciaux et prestataires. En Auvergne- Rhône-Alpes par exemple, il y a deux grosses manifestations chaque année, le salon Classe Export et la Quinzaine de l’international de la CCI. Pour bien faire, il faut fréquenter les deux manifestations, rencontrer les acteurs de l’export (les CCE en particulier), écouter les témoignages, les conférences pour connaître les cultures et les attentes des pays que l’on vise et mieux comprendre si nos produits sont qualifiés pour ces marché. Ne pas oublier de fréquenter tous les grands salons spécialisés à l’étranger comme les grands salons allemands, ne serait-ce que pour avoir une vision globale de ses concurrents dans le monde.

Les conseils
On peut dire que le VIE est une formidable opportunité pour une entreprise qui veut se créer de futures élites à l’international. L’anglais est indispensable. Il faut avoir une certaine sensibilité à l’autre, combinée avec la curiosité. Avoir une énorme capacité de travail et des facilités de récupération physique pour assumer le décalage horaire.

Philippe Eyraud
PDG Mixel
CCE Auvergne Rhône-Alpes